dimanche 13 octobre 2013

On ne se refait pas.... / We never change....

Début septembre, fin de semaine en famille au Touquet, avec le soleil au rendez-vous et un peu de vent. Le château de sable à été voulu par Luna, 7 ans, assistée (c'est le moins que l'on puisse dire...) par les parrains... Les coquillages et les plumes de mouettes qui parachèvent le chef-d'oeuvre sont à l'initiative de Paolo, 3 ans. Architecte en herbe?...

Early September, weekend with family in Le Touquet, a sunny day, but a little windy. The sand castle was wanted by Luna, 7, and powered (this is the least we can say...) by Godfathers... Shells and feathers of gulls that complete the masterpiece is at the initiative of Paolo, 3 years. A Budding Architect? ...






les joyaux de Détroit / Detroit architectural gems

Le plan d’urbanisme du Downtown de Détroit a été mis au point après le grand incendie en 1805 en s’inspirant de celui de Washington, lui même directement issu de celui de Versailles : un réseau d’avenues et boulevards rayonnants, traçant de grandes perspectives obliques. Washington est trop grande pour rendre perceptible ce dispositif mis au point à l’époque baroque. En revanche, et même inachevé, il fait merveille à Détroit : circulation facile en tous points de la ville, approches et vues de biais qui donnent de l’épaisseur aux façades, création de surprises aux croisements des rues… Pour faire simple, Détroit possède le plus beau plan d’urbanisme des Etats Unis.
La ville est également riche d’un patrimoine architectural longtemps délaissé, et même détruit. Du long passé d’échanges de peaux et de fourrures des premiers colons français avec les indiens  Potawatomis et Hurons dont le territoire s’étendait tout le long des lacs, Detroit garde de magnifiques souvenirs dans l’architecture et dans le décor de l’architecture des années 20 et 30, comme au Penobscot Building. Certains architectes ont aussi regardé plus  au sud, et le lobby d’inspiration Maya du Guardian Building est absolument somptueux. Si Detroit vaut le voyage, c’est aussi pour découvrir parmi les plus beaux gratte-ciel historiques des Etats-Unis et un décor ancré dans un territoire et une histoire.

The Drawing of Downtown Detroit urban planning was developed after the great fire of 1805 inspired by the Washington drawing, itself derived directly from that of Versailles: a network of avenues and boulevards radiating, tracing large oblique perspectives. Washington is too big to make visible this device developed in the Baroque era. However, even unfinished, it does wonders in Detroit: easy traffic at all points of the city, approaches and views that give depth to the facade, creative surprises at street’s crossroads... Simply said, Detroit has the most beautiful planning urban of United States .
The city has also a rich architectural heritage long neglected and even destroyed. From the long history of skins and furs trade of the first French settlers with the Hurons and Potawatomis Indians whose territory extended all along the lakes, Detroit keeps wonderful memories in the buildings and decor of the architecture from the 20s and 30s, as we can see at the Penobscot Building. Some architects have also watched more to the south, and the lobby inspired by Maya’s influences of the Guardian Building is absolutely gorgeous. If Detroit is worth the trip, it’s also to discover ones the most beautiful historic skyscrapers of United States and decor rooted in a territory and history.



Deux plans de Détroit, 1905 et 1935 / Engraved city maps of Detroit, 1905 & 1935


The penobscot Building,  1928. Wirt C. Rowland architect, sculptures by Corrado Parducci


The Guardian Building, 1929. Wirt C. Rowland architect, sculptures by Corrado Parducci

Art déco in America: New York, Philadelphia, Chicago...


Les Américains sont-ils un peuple sans histoire ? On a beau savoir que non, nous autres européens, avons quelques prétentions à être plus historiés qu’eux. L’une des grande découverte américaine a été la présence  d’un authentique patrimoine architectural à New York puis à Philadelphie et évidement aussi à Chicago (je parlerais de Detroit un peu plus tard) : l’art déco. Les années 20, 30 sont des décennies où les Etats-Unis se construisent, où le développement économique est considérable, où l’industrie tourne à plein régime, et, dans un pays immense, où il y a tout à continuer à construire, on construit dans le style de l’époque. Hormis à Vienne ou à Prague, la présence de cet art dans les villes européennes est relativement confidentiel. Aux Etats-Unis il est évident et incontournable. 
Plus intéressant encore est le fait que ce style originellement issu d’Europe prend ici des caractères typiquement nationaux : références au monde industriel, aux vertus héroïques, aux cultures indiennes et précolombiennes… On va donc trouver çà et là, des épis de blé européens qui croisent des épis de maïs américains. Des silhouettes d’indiens vont apparaitre, ainsi que des architectures ou des décors inspirés des mayas ou des aztèques. Bref, un authentique style américain m’est apparu. Or, ce patrimoine, les américains semblent ne pas trop savoir qu’il existe : pas de livres, peu d’images et d’indications dans les guides, aucun circuits de visites. Je n’en suis plus étonné : ce n’est pas que les américains n’aient pas d’histoire, mais elle occupe une autre place que pour nous  dans leur culture, d’avantage basée sur la mobilité - dans l’espace comme dans les mentalités. Repartir aux Etats-Unis pour se faire une petite expédition Art-Déco pourrait bien occuper un mois, deux mois, trois mois…




Are Americans a people without history? Though we know this is wrong, we Europeans, have some assumptions to be more storied than them. One of my great American discovery was the presence of an authentic architectural heritage in New York and Philadelphia and of course also in Chicago ( I will speak of Detroit later ) : the  art-deco style . The 20s, 30s are decades when the United States are built, when economic development is considerable, when the industry is in full swing, and in a huge country, where there is everything to continue to be built, they built in the style of the time. Except in Vienna or Prague, the presence of this art in European cities is relatively confidential. In the United States it is obvious and inescapable.
More interesting is the fact that this style originally from Europe takes on national typical features: references to the industrial world, to the heroic virtues, to pre-Columbian and Native American cultures... So we will find here and there, European’s ears of wheat that intersect U.S.’s ears of corn. Indian silhouettes will appear, as well as architectures and designs inspired by the Mayan or Aztec. In short, an authentic American style occurred to me. However, this heritage, Americans do not seem too aware of: no books, no images and information in the guides, no organized tours. I'm more surprised anymore: it is not that Americans do not have a story, but it occupies another place in their culture, based on the mobility advantage - in space as in attitudes, than in ours. Going back to United States for a small Art Deco expedition could take a month, two months, three months....







rentrée universitaire / a new academic year

Former des ingénieurs-concepteurs, interlocuteurs créatifs dans l’acte de construire des maitres d’ouvrages, des entreprises, des architectes, tel est le propos de la formation HEI - Domaine Bâtiment, Aménagement, Architecture, en partenariat avec LOCI St Luc de Tournai et l’ENSAPL, l’Ecole d’Architecture de Lille à Villeneuve d’Ascq. Depuis deux ans j’en suis le responsable pédagogique, et je gère environ 800 heures de formation pour 200 étudiants. Les années précédentes, les cours s’enchainaient et s’empilaient comme un mille-feuille. Les étudiants pouvaient avoir du mal, de temps en temps, à le digérer. Nous autres enseignants, nous ne pouvons pas nous plaindre en permanence que les étudiants ne travaillent pas, qu’ils n’arrivent pas à faire des liens, qu’ils aient la tête ailleurs. Si nous voulons  le meilleur pour nos étudiants, nous devons aussi, nous-mêmes, évoluer  dans nos propositions d’enseignement et d’apprentissage. C’est pourquoi, j’ai proposé et se met en place, en cette rentrée une nouvelle grille pédagogique qui « supprime les cours » (c’est une boutade !), une grille qui réorganise les cours en thématiques. Afin de faciliter l’intégration et l’intelligence des connaissances par  les étudiants, des sujets sont explorés de manière progressive, autour desquels toutes les disciplines enseignées sont convoquées. Cet ensemble est coordonné à l’axe majeur de la formation qu’est l’enseignement de la conception à travers le projet d’architecture. C’est une première, c’est une tentative. L’année va se passer à confirmer que l’idée est bonne! 

To shape design engineers, creative partners in the building process, project managers, companies, architects, this is the aim of the training in HEI school of engineering - Domain Building, Planning, Architecture, in partnership with LOCI St Luc Tournai Belgium and ENSAPL, the School of Architecture of Lille in Villeneuve d'Ascq. For two years I am the head teacher, and I manage about 800 hours of training to 200 students. In previous years, courses were holded each after the other and piled up like a “yarrow”. Students could have trouble from time to time to digest it. We, teachers and lecturers, we cannot complain constantly that students do not work, that they are unable to make connections, that they have their heads into the clouds. If we want the best for our students, we must also change our teaching and learning proposals and methods. That is why I proposed and put in place this autumn a new educational grid that “removes courses” (this is a joke!), a grid that reorganizes the course topics. To facilitate integration and understanding of knowledge by students, topics are explored gradually, around which all the subjects taught are called up. This set is coordinated around the major axis of the formation, which is the teaching of design through an architectural project. This is a first try, and an attempt. I hope the year will pass confirming that is a good idea!

Ci-dessous, quelques slides de la présentation de début d'année
Below are some slides of the presentation introducing the year







samedi 12 octobre 2013

Lucia di Lammermoor, de Gaetano Donizetti




Belle ouverture de saison à l’Opéra de Lille grâce à une prestation musicale remarquable.  La distribution est magnifique, en particulier le ténor Gregory Vasiliev, avec à la tête  de l'ensemble Roberto Rizzi Brignoli, chef d’orchestre d’une intelligence musicale saisissante. Il a su donner à l’orchestre de Gaetano Donizetti une présence absolument inattendue. Alors que je pensais Donizetti vaguement ennuyeux, j’ai découvert une musique expressive et sensible, ainsi qu’un tissu orchestral passionnant à écouter. Merci d’avoir ainsi déplacé mon jugement ! La mise en scène partait d’une proposition assez audacieuse. Un décor, des costumes, une gestuelle extrêmement sobres : adieu les brumes d’une Ecosse romantique ! Passé la surprise,  la proposition se tient et semble offrir la possibilité de rendre compte du drame. La scène 2 est d’ailleurs parfaite et arrive avec trois fois rien à évoquer les landes désertiques et l’errance de l’héroïne. Et pourtant, patatras ! Dès la scène suivante et pour toute la suite du spectacle, scène finale exceptée, le parti passe totalement aux oubliettes, et voici  devant nous les gestes stéréotypés de l’opéra de grand-papa,  le décor sagement disposé en arc de cercle ou en vis à vis., des lumières plates, des costumes ridicules. Comment peut-on arriver à si peu maitriser un propos ? Cela reste un mystère. A moins que ce soit le signe d’une incompétence totale. L’épure que présente les images de la maquette du décor d'Emmanuel Clolus rendront hommage à ce qui aurait pu être une parfaite réussite…

Beautiful season’s opening at the Opera de Lille with a remarkable musical performance. The cast is wonderful, especially the tenor Gregory Vasiliev, all headed by Roberto Rizzi Brignoli , conductor of great musical intelligence. He was able to reveal an absolutely unexpected presence to Gaetano Donizetti’s orchestra. I thought Donizetti vaguely boring, I discovered a sensitive and expressive music, as well as exciting to listen to orchestral fabric. Thanks to have moved my judgment! The stage started from a rather daring proposal. Decor, costumes, a very simple gesture: Farewell the mists of romantic Scotland! After the surprise, the proposal stands and seems to offer the possibility to render the drama. Scene 2 is also perfect and comes up with next to nothing to evoke the desert moors and the heroine’s wandering. And yet, boom! By the next scene and the whole rest of the show, except final scene, the position goes completely into oblivion, and here before us: stereotyped gestures of Opera from Grandpa, sets wisely arranged in arc or face to face, flat lights, silly costumes. How can arrive at so little mastered an idea? It remains a mystery. Unless it’s a sign of utter incompetence. The sketch that shows the set model by Emmanuel Clolus pay tribute to what would have been a complete success...