samedi 30 novembre 2013

Quartett, de Luca Francesconi

Quartett est un opéra crée à la Scala de Milan en avril 2011, qui reprend le récit des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos à partir de la pièce de théâtre (1980) de Heiner Müller, mise en musique par Luca Francesconi (né en 1956). Deux protagonistes sont en scène, Valmont et la marquise de Merteuil, qui entre haine et amour vont achever de se déchirer. Ce règlement de comptes convoquera pendant une heure et demie le passé et le présent, eux-mêmes et leurs conquêtes érotiques. Histoire profondément violente, et dont le nihilisme glace le sang tant il interpelle. Heiner Müller et Luca Francesconi ont donc tour à tour parfaitement maitrisé leur propos.
A cette réussite répond celle de la mise en scène de Alex Ollé / La fura dels Baus et de son scénographe Alex Ollé. Le livret indique le lieu de l’action : « un salon à Paris pendant la Révolution Française, un bunker après la 3e guerre mondiale ». La musique exprime l’action  sur scène avec un orchestre dans la fosse, et un autre derrière la scène (à Lille, la bande-son de l’orchestre de la Scala) joue quand les personnages évoquent le passé ou leurs émotions. La mise en scène répond à ce dispositif musical de la même manière polyphonique, avec un décor incroyable. Il s’agit d’une boite flottant au milieu de la cage de scène, où évoluent les chanteurs, et de projections vidéo sur la totalité du fond de scène. La relation entre le temps (la musique) et l’espace (le décor, els projections) était captivante. Il est  véritablement rare de voir un spectacle d’opéra à ce point cohérent, rigoureux, intelligent et qui serve absolument l’émotion. C’est pourtant bien là l’enjeu du genre opéra : tenir en un tout la musique, l’histoire, les images.
Il faut que l’art et la technique suivent pour que le propos « fonctionne ». Comment en effet faire tenir en l’air, et sans à priori de point porteur, cette boite à la fois abstraite et réelle ? Pour obtenir à cette suspension impressionnante, le dispositif est parfaitement intelligent : de trois cadres placés dans les coulisses partent un réseau de câbles qui les relies à trois autres cadres plus petits structurant la boite. Il s’agit en fait d’une énorme roue de bicyclette. C’est toujours une grande chose quand l’ingénierie rejoint l’art. Ici, c’est même une leçon. Bravo à l’équipe artistique, et à Caroline Sonrier pour son audace d’avoir remonté ce spectacle.

Quartett is an opera created at La Scala in Milan in April 201, which takes up the story of « les liaisons dangereuses » by Choderlos de Laclos from the play (1980) by Heiner Müller, set to music by Luca Francesconi (born in 1956). Two players are on stage, Valmont and the Marquise de Merteuil, who, between hate and love, will tear up themselves. This reckoning will set for an hour and a half past and present, themselves and their erotic conquests. Deeply violent history, whose bloodcurdling nihilism as it calls. Heiner Müller and Luca Francesconi perfectly mastered their aim.
At this success meets the staging of Alex Ollé / La Fura dels Baus and its designer Alex Ollé.The libretto indicates the location of the action : a living room in Paris during the French Revolution, a bunker after the 3rd World War. " Music showcases the present action with an orchestra in the pit, and another  behind the stage plays when the characters evoke the past, or their emotions. Staging responds to the music with an amazing set. It's a box floating in the middle of the stage, in which the two characters evolves. Behind, giant projections, pictures that highlight the emotions. The relation established between time (music) and space (the set, the projections ) was captivating. And it is so rare that a show of opera comes to such a result, while yet it must be the aesthetic goal of any musical show : links together music, story, images.
Especialy, the set was impressive and very clever. It has three frames in the wings, which are connected by cables to three smaller frames that hold the box suspended box. In fact, it is a huge bicycle wheel. It's great when an engineering job cuts a work of art. In this case, it's even a lesson. « Bravo » to those with the vision and bravery to do something so groundbreaking!







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