dimanche 5 janvier 2014

Le pavillon du Brésil / the Brazil pavilion, by Le Corbusier

On raconte que Le Corbusier, lors de sa première visite sur la colline de Ronchamp, dessina en un seul mouvement la chapelle qui verrait le jour cinq ans plus tard, fondamentalement identique à cette première esquisse. C’est ce que l’on appelle l’inspiration… C’est aussi le témoignage d’une véritable liberté intérieure. On peut l’expérimenter aussi en arpentant rez-de-chaussée du Pavillon du Brésil construit en 1958 par LC à la cité universitaire internationale. Les lignes aléatoires du plan, les courbes des murs, les volumes disposés ça et là dans une logique qui échappe à l’intelligence rationnelle, tout  participe au sentiment de présence qui émane de cet espace. Quant au sol, tout en bosses et creux, il est le souvenir du sol du chantier juste bétonné. Le miracle opère, celui de la liberté à l’oeuvre, dégagée de toutes les convenances parce qu’elle les connaît par cœur, osant tout parce qu’elle sait tout pouvoir, et tout réussir.

It is said that Le Corbusier, during his first visit to the hill of Ronchamp, drew in one movement the chapel that would emerge five years later, basically identical to this very first sketch. This is what is called inspiration ... It is also the testimony of true inner freedom. It can also be experienced by walking the ground floor of the Brazilian Pavilion,  built in 1958 in Paris International Campus. Random lines of the plan, curves of the walls, volumes placed here and there in a logic that escapes the rational intelligence, everything contributes to a sense of presence that emanates from this space. As the ground, while hills and valleys, it is the memory of the construction site ground, barely hard-surfaced by concrete. The miracle happens, that’s of the freedom at work, away from conveniences because its knows them by heart, daring all because its knows being able of all, and succeed.


Hans Scharoun, Berliner Philharmonie

Que faire lorsque l’on est face à la coupure d’un pays en deux meurtri, face à une idéologie totalitaire, face a un mur, Le mur ? Appelé à construire la salle de concert de l’orchestre philharmonique de Berlin,  l’institution allemande la plus emblématique, et restée à l ‘Ouest, Hans Sharoun, décidera de raconter une histoire. Tout dans ce bâtiment, depuis la volumétrie étrange de l’extérieur jusqu’à l’évidente communion qu’offre la salle, en passant par les escaliers sinueux et infinis, ne parle que de démocratie. Liberté des itinéraires, multiplicité des points de vue, accueil collectif des choix individuels, Egalité dans et par la communauté, voilà ce dont parle dans sa détermination, sa franchise et sa virtuosité ce bâtiment. Il est donc bien possible de faire de l’architecture, cosa mentale, en racontant des histoires.

What to do when you are faced with a ravaged and cut in half country, facing a totalitarian ideology, facing a wall, the wall? Called to build the concert hall of the Berlin Philharmonic, the most iconic German institution, and remained in the West, Hans Scharoun decides to tell a story. Everything in this building speaks only of democracy, from the strange volumetry outside to the communion that offered the concert bowl, through the winding and endless stairs. Freedom of routes, multiple points of view, collective reception of individual choice, and Equality in and by the community, that's what speaks this building in its determination, frankness and virtuosity. It is therefore very possible to make architecture, cosa mentale, by telling stories.




Prague, le sanctuaire de Lorette / the Lorette sanctuary in Prague


Il faut encore un peu marcher au dessus de Mala Stana et s’éloigner du château de Prague pour découvrir le sanctuaire de Lorette, construit par Christoph et Kilian-Ignaz Dientzenhofer dans la seconde moitié du XVIIeS. Je sais pourquoi ce lieu me touche, et je ne sais pas pourquoi. Il y a dans ces volumes, ces courbes et contre courbes, ces espaces, leurs lumières et leurs transparences, une sorte de légèreté et de souplesse, de grâce et de simplicité, mais c’est en même temps un lieu complexe, et sophistiqué. Est-ce cet équilibre qui rend l’endroit magique ? Est-ce plus simplement cette manière de mettre tout son savoir dans un projet modeste, de refuser toute ostentation sans pour autant renoncer à l’éloquence ? L’économie de moyens est plus qu’une règle, c’est une vertu. Celle des chefs-d’œuvre, qui n’ont pas besoin de hurler pour être entendus. Le souffle de la brise légère… (1 Rois 19,12)

It takes a little walk over Mala Stana and not far from Prague Castle to discover the sanctuary of Loreto, built by Christoph and Kilian-Ignaz Dientzenhofer in the second half of XVII. I know why this place touches me, and I do not know why. There are in these volumes, and these curves and counter-curves, these spaces, their lights and transparencies, a kind of lightness and flexibility, grace and simplicity, but it is also a complex place, and sophisticated. Is it this balance that makes magical the place? Is it this way to put all his knowledge into a small project, to refuse any ostentation without sacrificing eloquence? The economy of means is more than a rule, it is a virtue, the one of masterpieces, which do not need to scream to be heard. A still small voice, a sound of sheer silence, a gentle whisper... (1 Kings 19:12)






Sainte Cécile d'Albi / Albi Cathedral

Le grand baldaquin  gothique flamboyant contre  la façade de brique augure  bien de la  surprise intérieure qu’il annonce. Car à l’austérité des hauts murs aveugles et des volumes puissants succède l’ampleur de la nef et le spectacle des fresques et des couleurs  qui recouvrent depuis les XVe-XVIe S  toutes  les  surfaces intérieures.  On  remarque  que  si  les  voutes  sont  particulièrement  travaillées  ( figures  saintes,  scènes théologiques),  les murs de refends  le sont un peu moins,  revêtus d’un simple décor  de  faux-marbre.  On apprendra cependant que pour chasser l’ennui, les peintres d’alors s’amusèrent avec les veinures,  pour y dessiner, cachés et bien présents jusqu’à 20m de haut masques et figures, monstres et autres diablotins… Présence indiscutable de l’ensemble, parce que la main de l’homme est passée de partout, parce que son regard s’est posé en tout point.

The great Gothic canopy against the brick facade foresee the inner surprise its announce. Because austerity high blank walls and strong volumes succeeds the extent of the nave and the show of colors and murals that cover from the fifteenth and sixteenth century all the inner surfaces. We note that if the vaults are particularly worked (holy figures, theological scenes), the interior walls are a little less, bearing a false-marble decor. However, we learn that for stave off boredom, painters then amused themselves with veins to draw on, hidden and very present up to 20m high, masks and figures, monsters and other gremlins... indisputable presence of all this place, because the hand of the man rose from everywhere, because his gaze landed at any point.




A trouver, dans la partie supérieure du panneau, de part et d'autre du médaillon, des figures qui ne sont pas que de faux-marbres / to find, in the upper part of the panel, on either side of the inset, figures which are not only false marble