dimanche 5 janvier 2014

Hans Scharoun, Berliner Philharmonie

Que faire lorsque l’on est face à la coupure d’un pays en deux meurtri, face à une idéologie totalitaire, face a un mur, Le mur ? Appelé à construire la salle de concert de l’orchestre philharmonique de Berlin,  l’institution allemande la plus emblématique, et restée à l ‘Ouest, Hans Sharoun, décidera de raconter une histoire. Tout dans ce bâtiment, depuis la volumétrie étrange de l’extérieur jusqu’à l’évidente communion qu’offre la salle, en passant par les escaliers sinueux et infinis, ne parle que de démocratie. Liberté des itinéraires, multiplicité des points de vue, accueil collectif des choix individuels, Egalité dans et par la communauté, voilà ce dont parle dans sa détermination, sa franchise et sa virtuosité ce bâtiment. Il est donc bien possible de faire de l’architecture, cosa mentale, en racontant des histoires.

What to do when you are faced with a ravaged and cut in half country, facing a totalitarian ideology, facing a wall, the wall? Called to build the concert hall of the Berlin Philharmonic, the most iconic German institution, and remained in the West, Hans Scharoun decides to tell a story. Everything in this building speaks only of democracy, from the strange volumetry outside to the communion that offered the concert bowl, through the winding and endless stairs. Freedom of routes, multiple points of view, collective reception of individual choice, and Equality in and by the community, that's what speaks this building in its determination, frankness and virtuosity. It is therefore very possible to make architecture, cosa mentale, by telling stories.




2 commentaires:

  1. Fantastic story - only that the design was done way before the Wall came up.

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    1. Au début du projet, le site retenu pour la Philharmonie était plus au coeur de la partie Ouest de la ville, appuyé sur le bâtiment ancien de l'école de musique de la Bundesallee. Le concours est remporté en décembre 1956, mais il faudra attendre 3 ans avant que le budget final de l'opération soit déterminé. Entre temps un grand concours d'urbanisme "Hauptstadt Berlin" défini la zone à l'entrée de Tiergarten comme devant devenir le "Kultur Forum", contrepoint volontaire dans la partie Ouest de la ville à l'ile des musées, dans la zone Est. Le chantier commence en septembre 1960, le gros-oeuvre est achevé en Décembre 61 et le bâtiment est inauguré le 15 octobre 1963.
      Toute cette période est dominée politiquement par la guerre froide, qui commença dès 1948 avec le blocus soviétique de Berlin et le pont aérien de 1948-49. C'est en aout 1961 que les passages entre les deux parties de la ville sont définitivement coupés. Le mur dans l'aspect qu'on lui connait sera construit à la fin des années 70.
      Il est donc clair qui y a une concomitance entre l'installation de la Philharmonie et du Kultur Forum et la situation politique. Dans le contexte idéologiquement tendu de l'époque, et même si en effet le choix du site final se fait avant l'érection du mur, il me semble évident que tous ont vu dans l'architecture de la Philharmonie un signe qui n'était pas qu'architectural. La mise en place du mur un an à peine après le début des travaux leur donnèrent certainement raison.
      Que Hans Scharoun n'ait pas voulu faire une architecture politique au sens strict semble évident, il était davantage motivé par des implications humanistes. Mais l'oeuvre, les grandes oeuvres, échappent quelque part à leurs auteurs et se revêtent d'une signification qui dépassent les intentions premières, en les sublimant.
      Si donc en rigueur de termes le concept de la Philharmonie fut mis au point avant la séparation en deux de la ville, l'esprit du bâtiment relève bien d'un idéal démocratique que l'histoire ne tarda pas à rendre explicite...

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