lundi 10 février 2014

Rusalka, de Antonin Dvorak


Metropolitan Opera Live in HD, 8 février 2014

Cela fait belle lurette que je n’avais pas vu un  spectacle d’opéra à ce point classique. Je vous laisse juste comparer les images suivantes à celles des autres billets lyriques de ce blog. Que dire de ces anciennes manières de faire du théâtre lyrique ? Et bien, que ce décor de Günther Schneider-Siemssen de 1993 (et qui déjà à l’époque aurait pu être de 1963 !) est magnifique dans sa capacité à créer une ambiance, un climat. Ce qui nous fait aujourd’hui étrange, c’est ce réalisme qui ne nous suffit plus : un décors n’est pas là juste pour poser un cadre, mais pour jouer, être une vraie interprétation de l’œuvre. Or, il suffirait d’un rien, d’une touche de distance, d’abstraction des formes, pour qu’une telle proposition soit à nouveau actuelle et avec cette même sensibilité à l’atmosphère. En revanche, pas de pitié pour la mise en scène, si tant est que s’en soit une. L’absence de toute interprétation rejailli en effet instantanément sur les chanteurs, et c’est pitié de voir la grande Renée Fleming minauder d’un bout à l’autre d’un rôle dont elle assume pourtant musicalement et vocalement la force tragique et la puissance émotionnelle. Au delà d’une nouvelle écoute de la partition géniale de Dvorak, cette séance d’opéra au Cinéma qui fut donc vraiment intéressante, qui par le contre-exemple redit toute la valeur du travail qui est mené aujourd’hui, et permet d’envisager l’actualisation de l’héritage des générations précédentes.

It's been ages since I had not seen an opera show so conventional. I just let you compare the following images to those of other lyrical posts of this blog. What to say about those old ways to do ? Well, that Günther Schneider-Siemssen’s 1993 set (and even then could be 1963 !) is magnificent in its ability to create a mood, an atmosphere. What is strange to us today, is this realism that is enough for us: a set is not only the landscape of the story , but have to play and be a true interpretation of the work. However, a touch of distance, an abstraction of forms would be enough, for such proposal to be current, with the same atmophere sensibility. But no pity for the staging, if it is one. The absence of any interpretation rain down instantly upon the singers, and it is a pity to see the great Renée Fleming simper from one end to the other of a role she assumes musically and vocally, with tragic strength and emotional power. Beyond a new listening of Dvorak’s masterpiece, this experinece of opera in movie theater was really interesting. By counterexample this show have reiterated the value of today’s stage direction, and allows consider updating the legacy of previous generations.


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