lundi 12 mai 2014

Zurbaran / Boesmans

Exposition Franciso de Zurbaran, Bozart Bruxelles / Au Monde, opéra de Philippe Boesmans,livret et mise en scène de Joël Pommerat,  La Monnaie 12 avril 2014 (création mondiale).

Comment ne pourrait-être pas impressionné par le « Saint François méditant » de Zurbaran ? L’hiératisme de la posture, le visage dans clair obscur, l’abstraction mystique du fond…  C’est bien ce que donne à voir l’image du tableau. Il y a plus à être confronté à l’oeuvre réelle. Une autre vérité apparaît, beaucoup moins mélodramatique : la finesse des traits du visage et la tache rouge du stigmate qui transparait sur la tunique sont imperceptibles sur les reproductions. Ils donnent à voir une autre profondeur, autrement plus intime, délicate, et palpitante de vie. Une sobriété qui est douceur et miséricorde, point le plus juste de l’expérience humaine.

A trois siècles de distance et par de tous autres moyens artistiques, « Au monde », le dernier opus de Philippe Boesmans sur un livret de Joël Pommerat, atteint à la même exactitude. On oublie souvent trop vite que nous produisons aujourd’hui autant de chef d’œuvre que par le passé. Impossible de s’arrêter uniquement à la rudesse feutrée qui fait toute la violence de la situation mise en musique (la transmission de l’héritage au sein d’une famille de grands industriels). Il s’agit en effet que d’un prétexte pour explorer les âmes dans leur dénuement et y porter un regard sans jugement, et même bienveillant, compatissant. Comprendre et pardonner. Les seuls chemins ouverts sont ceux de cette humilité là.






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