jeudi 31 juillet 2014

Carlo Scarpa à Vérone

La connaissance des matériaux, la subtilité des arrangements, le précision des géométries, voilà ce qui rend le travail de Carlo Scarpa si actuel. Si actuel ? Cinquante ans après le réaménagement du Musée du Castel Vecchio que retenir ? La maitrise de l’usage du bronze, du bois, du béton et de la pierre - quelle merveille ce marbre rose de Vérone qui rend la lumière encore plus belle, lui-même devenant lumière. Mais aussi la finesse et la sensibilité qui préside à l’organisation scénographique avec des œuvres qui offrent d’abord leur revers au regard du visiteur, et l’invitent donc à des déplacements qui sont autant de découvertes, sinon d’aventures. Et enfin l’exactitude des proportions et des calepinages, comme avec le bassin d’entrée où se confondent le ciel et la terre, le solide et le liquide, paysage que l’homme traverse.
En tous points ce musée est un très grand moment d’intelligence. D’autant plus que cette intelligence est non démonstrative. Jamais on peut y entendre: « regardez la belle architecture que je suis » ou « regardez comme je sais bien faire ». Même si parfois ça et là l’invention peut devenir un peu maniérée – c’est le risque de toute pensée un tant soi-peu raffinée sinon sophistiquée – l’ensemble témoigne parfaitement de ce qu’est l’architecture en tant qu’exercice du regard, discipline  qui consiste à voir en chaque besoin du projet une occasion de dessin, de pensée, d’imaginaire.
Dessiner, faire émerger un monde et le parcourir, comme une histoire qui n’avait pas encore été dite et que l’on chuchote d’émerveillement.






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