lundi 21 juillet 2014

Marseille / 4 : Le Château La Coste à Aix-en-Provence

Patrick McKillen est un home d’affaires irlandais qui a fait fortune dans l’immobilier et l’hôtellerie de luxe. Depuis 2003 il est également propriétaire du domaine viticole du Château La Coste, à 15 kms au nord d’Aix-en-Provence, sur la route du Puy-Sainte Réparade. L’homme est également cultivé, et invite ses amis artistes et architectes à intervenir sur son domaine : des travaux de Louise Bourgeois, Andy Goldsworthy, Richard Serra, Lim Gillick se lovent sous les pins ; des réalisations de Jean Nouvel, Franck Ghery, Tadao Ando se glissent dans les replis de la colline. Voilà pour l’instant.
Car le domaine, ouvert sans tapage en 2011, doit accueillir prochainement des interventions de James Turrel, Rem Koolhaas, Sanaa… Bref, dans dix ans le Château La Coste offrira un résumé exhaustif et spectaculaire des vedettes de l’architecture d’aujourd’hui. Avec deux réserves : le risque d’une certaine inégalité d’inspiration, ce qui est néanmoins normal (on ne peut pas toujours être bon), et, plus regrettable, l’absence de la génération montante. Un beau contrepoint à ce qui est aussi une émanation du star-system pourrait être d’inviter annuellement de jeunes talent, sur le modèle des pavillons de la Serpentine Galery de Londres par exemple.
Mais cependant, où, en France, expérimenter le travail de Tadao Ando ? L’espace de méditation de l’UNESCO à Paris étant visible uniquement sur rendez-vous, il faut donc aller à Aix – ce qui n’est certes pas la pire des destinations ! Au Château La Coste : le centre d’accueil au pied du Domaine, la chapelle en haut de la colline, et « quatre cubes pour contempler notre environnement » au milieu des pins.
A chaque fois, maîtrise de la géométrie, de la lumière, des matières, des ambiances, des cheminements, de l’exécution. Et cela toujours dans l’économie des moyens, la sobriété des effets, l’épure des détails. Autant de richesse dans une telle évidente simplicité est bien la marque d’un maître. Car tout cela, qui pourrait impressionner est en réalité accessible à l’expérience et la sensibilité de tout un chacun.  Les images qui suivent vous permettront de jouir du béton et de l’eau (le centre d’accueil), de la pierre et du verre (la chapelle), du bois et de la végétation (les « quatre cubes »). Et partout, de la géométrie et de la lumière. Haut exercice de la pensée, expérience du corps honoré dans sa plus évidente nature, qui est d’ordre spirituelle.

Tadao Ando: Le pavillon d'entrée et le débouché du parking situé sous le bassin. la sculpture est l'oeuvre de Louise Bourgeois

Tadao Ando: Le pavillon d'entrée avec l'accueil à Gauche, le restaurant à droite

Tadao Ando: Séquence d'entrée dans le pavillon "quatre cubes pour contempler notre environnement"

Tadao Ando: L'intérieur de la chapelle avec l'autel qui s'éclaire dans la pénombre, la porte fermée derrière soi...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire