jeudi 31 juillet 2014

Teatri storici italiani / théâtres historiques italiens

En 1560 Vespasien de Gonzague, Duc de Mantoue, décide de construire une nouvelle ville sur le modèle des cités idéales des philosophes et architectes de la Renaissance. Ce sera Sabbioneta, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Mantoue. Tout y est organisé pour le fonctionnement harmonieux de la vie sociale : lieux de vie et de travail (le ville est aussi proto-industrielle, avec le développement d’un activité de vers à soie), de pouvoir et de rencontre. Ce programme explique pourquoi ce sera là, dans cette enclave expérimentale, que sera construit le premier théâtre « en dur » d’Europe, et de plus indépendant de tout édifice palatial, et abritant une troupe permanente maintenue jusqu’à la disparition de Vespasien en 1591. L’endroit à souffert d’autres activités plus « pratiques » (hangar, étable …) qui ont éliminé scène et gradins, le toit fut refait et le plafond d’origine à disparu. Il faut imaginer une voute de plâtre peinte d’un ciel azuréen qui descendait sur les murs latéraux et du fond de scène pour les faire comme disparaître. La scène était équipée d’un décor fixe de rue en perspective d’une cité encore plus idéale que Sabbioneta. Intérieur et extérieur, vérité et mensonge, artifice et naturel se confondent en un tout qui est le temps et l’espace de la représentation scénique. L’essence même de ce qu’est le Théâtre est là, absolument, dès ce premier essai. Magique et bouleversant.
Parme, 1619. Ranuccio Farnese veut épater son rival et néanmoins prestigieux allié Cosme de Médicis. Quoi de mieux, de plus in pour ce faire que de faire bâtir un théâtre ? Car depuis dix ans, un nouveau type de spectacle est né, complètement moderne sinon d’avant-garde, qui  lie musique, chant, danse et poésie : l’opéra. Sabbionetta : 150 places au mieux. Le teatro Farnese : 3000 ! Et le premier théâtre jamais équipé de vraies coulisses et d’équipements de machinerie pour les changements de décors. Aujourd’hui encore, et malgré le bombardement de 1944, c’est extrêmement spectaculaire. En 1634 le plus grand musicien de l’époque et auteur de la première œuvre lyrique de l’histoire, Claudio Monteverdi y donnera « Mercurio e Marte ». L’œuvre est perdue. Mais quand même, Monteverdi, là….

PS. Le régisseur du Teatro Reggio m’a raconté qu’ils avaient donné il y quelques années un Verdi au Teatro Farnese. Ils ne recommenceront plus, car l’acoustique du lieu est impossible. En effet la conjonction de l’absence de plafond et une salle toute en longueur fait que les voix ne passent pas. Dès lors on comprend que l’architecture des salles se stabilisera avec la mise au point d’une forme plus ramassée, en fer à cheval, qui sera la marque des théâtres dit « à l’italienne ».

Le teatro all' antica de Sabbioneta


Le teatro Farnese de Parme




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