dimanche 26 octobre 2014

Georges de la Tour, le souffleur à la lampe

Une seule couleur froide dans ce tableau de rouge franc, de bruns et de vermillons plus sourds. Bien au centre, un bleu-vert de fumée, quasi-invisible tant le regard est attiré par le visage de l’enfant. Le souffleur souffle, geste ordinaire, celui qui fait la saveur des anniversaires. Au cœur d’une géométrie de contours nets et lisibles Georges de la Tour a juste peint une esquisse floue dans l’air qui tremble. Le souffle même. Et nous voyons ce qui ne se voit pas, d’habitude. Il faut être fort pour représenter cet invisible-là, et d’en avoir eu l’idée, l’expérience, la conscience. Dans la simplicité immobile, l’intime est suspendu au passage de la brise, un presque-rien qui va, et le feu rougeoie. 

Georges de la Tour (1593-1652), Le souffleur à la lampe, 70x61, 1646. Tokyo Fuji Art Museum


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