lundi 10 novembre 2014

André Derain, Pinède. Cassis 1907

Sous la puissance
des troncs sourds le village au creux du vallon.
Embrasé. Communie à la même ardeur.
Il ne peut davantage face à la mer, à l’imparable verticale de mer et de ciel.

De suite on ne le voit pas, ce jaune étrange du ciel.
Se cacherait-il ? Il n’est pourtant qu’intense,
mais sans éblouissement. Son étrangeté viendrait de là ?

Tâches successives d’oranges. Même le vert, presque le bleu sont oranges.
Pourquoi ne parviennent-ils pas à s’imposer, malgré leur franchise ?
Partout des failles, des interstices, des trous laissent deviner
un dessous. Jaune. Uniforme, vertical, ce jaune étrange-là.

De sa discrétion même il soutient les surfaces et le rythme.
Voici pour la nature et le regard et la main de l’homme un diapason.
Unique sujet.
Il ne consume pas.

André Derain (1880-1954). Pinède, Cassis 1907. Huile sur toile, 54 x 64 cm. Marseille, Musée Cantini.


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