dimanche 28 décembre 2014

Berliner Philharmonie, Hans Scharoun et Gustav Malher

Déjà évoqué dans ce blog en janvier 2014, le bâtiment de Hans Scharoun est un chef d'oeuvre extraordinaire. J'avais pu le découvrir lors de ma première venue à Berlin, en février 2008. Ou du moins, en découvrir déjà tous les halls, foyers et escaliers publics, espaces complexes et puissants. L'expérience avait été mémorable de stupéfaction, même si m'étant pris en retard, il n'avait pas été possible d'assister à un concert, tous affichant complet. Cette année c'est bon, me voici en possession de mes tickets. Pour le 7e symphonie de Malher, excusez du peu. C'est en effet une de ces oeuvres qui s'impose par ses effectifs musicaux et la force de son propos. 
En cette fin de journée du samedi 6 décembre, alors que le nuit est déjà tombée, me voici donc devant "la bête". Et déjà l'émotion m'étreint comme quand une sorte d'impossible se réalise: je vais rentrer dans cette salle incroyable, entendre l'orchestre philharmonique de Berlin... Ce tremblement n'est pas que le fruit de 7 ans d'attente, mais bien de 35 ans. Je vois encore le coffret  des 9 symphonies de Beethoven de Karajan qui était à la maison quand j'avais 14-16 ans, un objet particulièrement luxueux, avec le livret illustré de nombreuses photos de la salle. Incompréhension et fascination traversaient l'adolescent que j'étais. La Philharmonie de Berlin est la première architecture moderne de ma vie.
Qu'ai-je vécu du concert? Tout? Bien au contraire, rien. Il est passé sans que je m'en rende presque compte, je ne savais pas si j'étais bien là. Tout au plus puis-je dire que le premier mouvement était trop rapide, impression que confirma la lecture des critiques dans les jours suivants. Il semblerait que seul cet orchestre soit capable par sa maîtrise prodigieuse de tenir de tels tempos, mais je ne sais plus rien. En sortant de la salle le flot du public qui glisse sur les passerelles et rendent comme vivants les escaliers est un spectacle indicible d'évidence, de mise en scène qui ne se montre pas. Ce sommet d'élégance de l'esprit en actes met un comble à l'intensité de l'expérience. Trop d'attente, trop de saturation émotionnelle. Je sors de là en larmes. 
Y revenir. Sans tarder. Gouter à ce mystère, le faire mien. En comprendrais-je quelle que chose cette-fois-là? Plus simplement, être là et laisser venir à soi ce que cette architecture donne. Ce sera en mars. Impossible d'attendre davantage...
































Le rapport de proximité à l'orchestre est étonnant, et l'acoustique va avec. pas forcément plus claire ou analytique. je dirais plus ronde et chaleureuse.  En regardant cette image à l'instant où j'écris, je découvre une belle astuce architecturale qui aide cette proximité: la continuité entre l'orchestre et le public, que même les parapets des balcons ne cassent pas. Il n'y a pas de fosse, ou d'effet de baquet. Mais juste un sol. Cette salle c'est l'intelligence de ce qu'est un sol.

Z Mrtvého Domu, de Leos Janacek

Z Mrtvého Domu - De la maison des morts de Leos Janacek, mise en scène de Patrice Chéreau (1944-2013). Staatsoper Berlin im Schiller Theater, dimanche 7 décembre 2014

Faire du théâtre, réaliser une mise en scène, c'est donner une interprétation d'une oeuvre, la faire parler à travers ma parole, en construisant des images, en dirigeant des comédiens et les faire entrer dans l'intelligence du texte jusque dans leurs corps, leurs gestes, et que la scène fourmille de vie, d'information, d'un monde vrai. Et rien, mais rien de ce labeur concentré et acharné ne doit se voir. Rien ne doit sentir l'effort, rien ne doit être comme une démonstration, un doigt qui montre ce qui a voulu être fait. Quitter les postures, atteindre la naturel, c'est difficile.
Voilà où est arrivé Patrice Chéreau dans "De la Maison des morts" de Janacek, d'après Dostoïevski. Etreinte d'émotion quand les prisonniers du goulag jouent avec le jouet-oiseau, rien besoin de plus pour savoir ce qu'ils espèrent. Spectaculaire de la chute depuis les cintres et dans un nuage de fumée d'un amoncellement de livres et de papiers, et tout est dit de l'inéluctable des travaux forcés. Insupportables changements de ce décor de pans de bétons, précisément parce qu'insensibles, et rien de plus pour dire un enfermement d'autant plus terrible qu'il se meut. Merveille d'une cigarette qui s'allume dans l'obscurité alors qu'à l'autre bout de la scène la bagarre éclate, et l'espérance demeure. 
Voilà, c'est cela, la maitrise. Sans prétention, simplement c'était ce qu'il fallait faire, on le fait, sans gesticulations, sans se payer de mots. Impact total. Aux saluts Sir Simon Rattle, qui dirigeait cette série de représentations, a pris la parole pour évoquer la mémoire de Patrice Chéreau. La salle s'est levée. C'est trois fois rien qui dit tout, le plus bel hommage, le seul possible, le seul juste, que l'on puisse rendre à l'artiste.








Zápisník zmizelého, de Leos Janacek

Zápisník zmizelého - Le journal d'un disparu, cycle de mélodies de Leos Janacek mis en scène par Christian Rizzo. Opéra de Lille, mercredi 12 novembre 2014.

Le journal d'un disparu est le récit d'un départ, d'un adieu, d'une fuite en avant: celle d'un jeune paysan de Moravie qui s'apprête à quitter toutes ses sécurités, sa famille, son village, ses amis, pour suivre cette femme, cette bohémienne, cette initiatrice. De cette histoire racontée en poèmes, Janacek tire en 1926 un cycle de mélodies aussi dense qu'âpre. L'art du condensé est le moyen de Janacek d'accéder à une expressivité maximale. Ici, un piano, un chanteur et des modules musicaux en mosaïque qui collent aux texte et transcrivent le moindre sentiment intérieur. L'émotion nait de cet ajustement et non simplement de la mélodie, ici si diffuse, si malléable. Oeuvre exigeante à l'écoute: il faut être un auditeur actif, qui est "dans ses oreilles", sinon on passe à coté. 
Peut-on porter ce récit sur scène? Si on évite l'illustration, sans problème. Ici au centre de la scène, un mur, mais qui ne la ferme pas entièrement. Une partie de la paroi recule et dessine une porte, par laquelle se montre la bohémienne. Ni apparition ou fantasme (et c'est heureux de ne pas ainsi céder à la convention) mais cependant un peu trop prosaïque au lieu d'être fascinante, ou amante. Puis le reste du mur recule, rejoint la paroi libre, puis la dépasse alors que le jeune amoureux achève son récit. La décision est prise, il part pour jamais, il est désormais ce disparu qui nous a redit la joie et le déchirement des grands choix. Reste sur scène la paroi libre, comme une stèle, un objet sacré qui demeure, qui fait mémoire.
Christian Rizzo à tout compris de la hauteur de sentiment et d'âme de Janacek. Moment de vérité. 



mercredi 24 décembre 2014

Noël, tout le temps

Le message de Noel du Pape François...

Noël est habituellement une fête bruyante: un peu de silence nous ferait du bien pour écouter la voix de l'Amour.
Noël c’est toi, lorsque tu décides de naitre à nouveau chaque jour et de laisser entrer Dieu dans ton cœur.
Le sapin de Noël, c’est toi quand tu résistes vigoureusement aux vents et aux difficultés de la vie.
Les guirlandes de Noël, c’est toi quand tes vertus sont les couleurs dont tu ornes ta vie.
La cloche qui sonne Noël, c’est toi quand tu appelles et essaies d’unir.
Tu es la lumière de Noël quand tu illumines avec ta vie le chemin des autres, avec la bonté, la patience, la joie et la générosité.
Les anges de Noël, c’est toi quand tu chantes au monde un message de paix, de justice et d’amour.
L’étoile de Noël, c’est toi  quand tu conduits à la rencontre du Seigneur.
Les rois mages, c’est aussi toi quand tu donnes le meilleur que tu as sans tenir compte de à qui tu le donnes.
La musique de Noël, c’est toi quand tu conquiers l’harmonie en dedans de toi.

Le cadeau de Noël, c’est toi quand tu vois un ami et un frère en tous les êtres humains.
Les vœux de Noël, c’est toi quand tu pardonnes et rétablis la paix, même si tu souffres.
Le réveillon de Noël, c’est toi quand tu rassasies de pain et d’espérance le pauvre qui est à tes côtés.
Tu es la nuit de Noël quand, humble et conscient, tu reçois dans le silence de la nuit le sauveur du monde, sans bruit ni grandes célébrations.
Tu es le sourire de confiance et de tendresse dans la paix intérieure d’un Noël qui enracine le Royaume en toi.
Heureux Noël à tous ceux qui ressemblent à Noël.


"Il Natale di solito è una festa rumorosa: ci farebbe bene un po di silenzio x ascoltare la voce dell Amore. Natale sei tu, quando decidi di nascere di nuovo ogni giorno e lasciare entrare Dio nella tua anima. L albero di natale sei tu quando resisti vigoroso ai venti e alle difficoltà della vita. Gli addobbi di natale sei tu quando le tue virtù sono i colori che adornano la tua vita.  La campana di natale sei tu quando chiami, congreghi e cerchi di unire.
Sei anche luce di natale quando illumini con la tua vita il cammino degli altri con la bontà la pazienza l allegria e la generosità.  Gli angeli di natale sei tu quando canti al mondo un messaggio di pace di giustizia e di amore. La stella di natale sei tu quando conduci qualcuno all incontro con il Signore.  Sei anche i re magi quando dai il meglio che hai senza tenere conto a chi lo dai. La musica di natale sei tu quando conquisti l armonia dentro di te. Il regalo di natale sei tu quando sei un vero amico e fratello di tutti gli esseri umani.
Gli auguri di Natale sei tu quando perdoni e ristabilisci la pace anche quando soffri. Il cenone di Natale sei tu quando sazi di pane e di speranza il povero che ti sta di fianco.Tu sei la notte di Natale quando umile e cosciente ricevi nel silenzio della notte il Salvatore del mondo senza rumori ne grandi celebrazioni; tu sei sorriso di confidenza e tenerezza nella pace interiore di un natale perenne che stabilisce il regno dentro di te. Un buon natale a tutti coloro che assomigliano al natale.”