dimanche 28 décembre 2014

Zápisník zmizelého, de Leos Janacek

Zápisník zmizelého - Le journal d'un disparu, cycle de mélodies de Leos Janacek mis en scène par Christian Rizzo. Opéra de Lille, mercredi 12 novembre 2014.

Le journal d'un disparu est le récit d'un départ, d'un adieu, d'une fuite en avant: celle d'un jeune paysan de Moravie qui s'apprête à quitter toutes ses sécurités, sa famille, son village, ses amis, pour suivre cette femme, cette bohémienne, cette initiatrice. De cette histoire racontée en poèmes, Janacek tire en 1926 un cycle de mélodies aussi dense qu'âpre. L'art du condensé est le moyen de Janacek d'accéder à une expressivité maximale. Ici, un piano, un chanteur et des modules musicaux en mosaïque qui collent aux texte et transcrivent le moindre sentiment intérieur. L'émotion nait de cet ajustement et non simplement de la mélodie, ici si diffuse, si malléable. Oeuvre exigeante à l'écoute: il faut être un auditeur actif, qui est "dans ses oreilles", sinon on passe à coté. 
Peut-on porter ce récit sur scène? Si on évite l'illustration, sans problème. Ici au centre de la scène, un mur, mais qui ne la ferme pas entièrement. Une partie de la paroi recule et dessine une porte, par laquelle se montre la bohémienne. Ni apparition ou fantasme (et c'est heureux de ne pas ainsi céder à la convention) mais cependant un peu trop prosaïque au lieu d'être fascinante, ou amante. Puis le reste du mur recule, rejoint la paroi libre, puis la dépasse alors que le jeune amoureux achève son récit. La décision est prise, il part pour jamais, il est désormais ce disparu qui nous a redit la joie et le déchirement des grands choix. Reste sur scène la paroi libre, comme une stèle, un objet sacré qui demeure, qui fait mémoire.
Christian Rizzo à tout compris de la hauteur de sentiment et d'âme de Janacek. Moment de vérité. 



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