lundi 23 février 2015

Idomeneo, de Wolfgang Amadeus Mozart

Opéra de Lille, mardi 3 février

Après La Finta Giardiniera de la saison dernière (voir le billet du 12 mai 2014) l’opéra de Lille a présenté un autre Mozart inconnu, ou du moins peu joué par rapport aux Nozze, Don Giovanni, Cosi ou Zauberflöte. Trop jouées, trop rabâchées ces histoires ont perdu de leur saveur ou de leur impact. Mais la musique de Mozart, avec l’intelligence des interprètes, demeure régulièrement prise par une grâce du chant qui lui est tout à fait propre, et sublime. Un abandon, une espérance.
Cependant il me semble que l’intérêt pour ces œuvres peu jouées vient de plus loin que de leur toute relative nouveauté - Idomeneo, premier grand succès scénique de Mozart a été composé en 1780. Il y a en effet quelque chose s’étonnement moderne dans ces personnages mis en scène, qui s’opposent obstinément à l’asservissement à une volonté extérieure, qui luttent pour leur bonheur et leur fidélité, qui cherchent leur chemin indépendamment des contraintes habituelles.
Comment ne pas y voir là comme un écho de nos propres préoccupations, un écho fort parce qu’il s’exprime avec la franchise des premières fois et non avec le sens de la complexité dont l’histoire nous a fait héritiers ? Une franchise qui émeut, et ne peut pas de pas faire penser, dans la sensibilité d’un duo entre un père et un fils à cet autre dialogue fameux et déchirant entre Brunhilde et Wotan. Intensités de l’amour, toujours nouvelles. Mozart musicien, certes, et très grand homme de théâtre. C’est peut être aussi et surtout pour cela qu’il faut y revenir.


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