vendredi 17 avril 2015

12 rue Norbert Segard

Le Groupe HEI+ISA+ISEN par le biais de son directeur est convaincu de la nécessité fondamentale pour toute entreprise évoluant dans le monde d’aujourd’hui de transformer son mode de management. Ce qui est en jeu est l’instauration d’un management de type horizontal, dans lequel les responsables hiérarchiques sont accessibles, avec qui il est possible de partager, qui détermine choix et décisions de manière collaborative. Vœu pieux face aux multiples résistances au changement, à l’intégration plus ou moins inconsciente de modèles managériaux plus autoritaires ? Certainement, si un cadre n’est pas donné pour signifier et vivre ce changement de paradigme. Au-delà d’un certain design qui ne véhiculerait qu’une image, il y a aussi l’expérience de l’influence des lieux et de leur organisation sur les comportements. 
Rénover les 1200m2 du 12 rue Norbert Segard pour y installer les services comptables, ressources humaines et direction générale du Groupe, c'est, à la suite de l'expérience des ADICODE, donner une forme à cette conviction managériale. On y retrouvera donc l'esprit et l'esthétique des projets précédents. Et de même qu'à Urbawood et à l'ISEN-Vauban la démarche s'offrait aux enseignants-chercheurs et étudiants en fin de formation, ici elle va concerner les salariés. 
Sur les quatre niveaux, l'aménagement sera similaire, en terme de surfaces par personne, de traitement de la lumière et de l'acoustique, de mobilier, de qualité d'espace. Sans différence de traitement entre la direction et les services-support. Et c'est bien là l'enjeux: faire en sorte que les aménagements précédents, dont le modèle est adapté aux configurations du 12 rue Norbert Segard, et "tire vers le haut" le projet, soient expérimentés au quotidien comme une vraie avancée qualitative des conditions de travail de tous.

Through its director, the HEI+ISA+ISEN college of engineering is convinced of the fundamental need for any company operating in today's world to transform its management's mode. The purpose is to change for a horizontal management style, in which line managers are accessible, to share and make some choices and decisions collaboratively. In few words: speaking together, doing the job cleverly and with real involvement. Wishful thinking facing resistance to change and self-integrated authoritarian managerial models? Certainly, if a setting is not given to serve and live this paradigm shift. Beyond a certain design that would convey an image, there is also the influence of architecture and space on behavior.
The refurbishment of the 12 Rue Norbert Segard building to install accounting, human resources and executive offices of the Group, follows the experience of ADICODE's co-design and innovative workshop, to give a form to this managerial conviction. We therefore find in it the spirit and aesthetics of previous projects. And as well at Urbawood and ISEN-Vauban the approach is offered to teachers and students, here it will affect employees.
On four levels, the layout will be similar in terms of surfaces per person, treatment of light and acoustics, furniture, quality of space. No difference in treatment between management and administrative services. And this is where is the challenge: to ensure that the ADICODE layout is suitable for other fonctions and "pulls up" ways of living at work and efficiency. Far from open-space, these shared spaces wants to be experienced every day as a real qualitative leap of working conditions, for all.

1200 m2. Esquisse janvier-février 2015 / consultation des entreprises avril 2015 / livraison septembre 2015. Montant des travaux 650.000 € HT, soit 550 € HT le m2. 

2e étage: direction générale

1er étage: services administratifs et financiers

Le mur de fond de chaque plateau sera habillé d'un papier-peint dessiné et réalisé spécialement pour le projet. Il amènera avec la signalétique, la touche de couleur qui équilibrera la dominante blanche de l'ensemble. 


samedi 11 avril 2015

Les Adicode à Urbawood: mention au concours AMO

A l'initiative d'Anthony PONTHIEUX, responsable de projets chez NACARAT et cheville ouvrière de l'aventure URBAWOOD, nous avons participé en octobre dernier au concours de l'association nationale AMO. L'association, avec ses antennes régionales (dont NPdC) est un acteur incontournable du dialogue entre Architectes et Maitre d'Ouvrages compris comme étant une condition essentielle de la qualité architecturale. Les ADICODES-URBAWOOD (voir billet du 6 septembre) ont été repérés parmi une quarantaine de réalisations, et nous vaut aujourd'hui une publication dans la revue AMC. 
Tout cela n'aurait pas été possible sans Eric HAUGOU architecte auteur du projet (Agence A), GERIM qui a construit le bâtiment (en particulier Martial BUDZIK), de l'agence de communication THAG (Gonzague LEFEBVRE directeur artistique - avec Brigitte ADGOT pour la rédaction et Laurence DELRUE pour la vidéo), et enfin du soutien de Jean-Marc IDOUX et de l'équipe des ADICODES du Groupe HEI+ISA+ISEN.
Bravo et Merci à tous!

At the suggestion of Anthony PONTHIEUX, project manager at NACARAT real estate and kingpin of the URBAWOOD adventure, we competed last October in the National Association AMO contest. The association, with its regional branches (including Northern France) is a key player in the dialogue between architects and contractors, which is an essential condition of architectural quality. The ADICODES*-URBAWOOD building and layout (see the post on 6 September) were spotted among forty realizations, and today is published in the main french architectural review "AMC".
All this would not have been possible without Eric HAUGOU (Agence A) and GERIM who built the building (especially Martial Budzik), the communication agency THAG (Gonzage LEFEBVRE artistic director - with Brigitte ADGOT for writing and Laurence DELRUE for video), and finally the support of Jean-Marc IDOUX and ADICODES team of HEI+ISA+ISEN Group.
Bravo and thank you all!

* ADICODE is the french acronym for Atelier D'Innovation et de CO DEsign (Innovation and Co-design workshop)

Deux liens pour en savoir plus / Two links to learn more:



mercredi 8 avril 2015

l'architecte et son client, binôme créatif ?

A l'occasion de l'inauguration des Adicodes, et alors que nous travaillons actuellement sur le réaménagement des bureaux du Groupe HEI-ISA-ISEN, ce texte tente d'expliciter la manière que nous avons de faire de l'architecture...

Partir de la conception pour aboutir à du co-design, voilà l'expérience d'un itinéraire possible de transformation de la relation Architectes - Maîtres d’œuvre. Pourquoi cette transformation de la relation serait-elle importante? Simplement parce que le projet d'architecture, travail d'équipe, gagne beaucoup à être pensé et vécu comme un lieu de convergences d'idées et de désirs. Dans cette histoire, l'architecte serait-il le seul créatif ? Bien au contraire, il faut quitter les images toutes faites du métier. Partager la créativité, être donc co-auteur, renforce le rôle majeur de mise en relation, de synthèse et de cohérence que peut déployer l'architecte. Exercer pleinement cette compétence unique lors d'un projet assure sa réussite et sa qualité.

Il y a toujours dans un projet deux programmes. Un programme effectif, concret, qui s’exprime par des besoins, des surfaces, des contraintes. Et plus important, le second programme, non quantitatif, portant sur la signification, définissant des objectifs qui dépassent la simple réponse pratique au besoin. C’est ce programme, souvent informulé, ou du moins mal dit, qui est le nœud d’articulation de l’implication des acteurs participant au projet. Plus encore, il est le point de rencontre des écoutes et des compréhensions, le lieu où se crée la relation. L’expérience de conception devient ainsi une expérience humaine, celles de valeurs partagées.
L’architecte est ainsi un traducteur : il convient de trouver des équivalences formelles, spatiales, signifiantes au programme informulé. Plus précisément, il s’agit de reformuler la demande, par le dit et redit de ce que l’on comprend de la parole de l’autre, par les plans mis au point peu à peu, par l’expression orale de ce que l’on cherche à obtenir. L’architecte aime jouer à ce jeu parce qu’il pose la forme comme résultante d’une démarche et non comme un a priori initial. A travers l’écoute et l’échange, le processus de conception s’enrichit d’une compréhension profonde des enjeux. Plus encore, ce temps passé permet d’honorer toutes les demandes complémentaires qui surviennent durant l’élaboration du projet, et de faire des choix cohérents et rapides jusque dans des questions de signalétique ou de mobilier.
Valeurs partagées donc, et d’autant plus qu’elles sont différentes. L’importance de tel point pour l’un des protagonistes devient importante également pour les autres. Il y a là une attitude qui est réellement celle que requiert la co-conception. C’est peut-être même le point essentiel : reconnaître l’égale valeur des compétences sollicitées par le projet, aussi différentes soient-elles. En tenant compte des qualités humaines, de la créativité et de la fine connaissance de l'utilisateur que possède le Maitre d’Ouvrage, l’architecte n’abdique pas sa propre capacité à concevoir, mais l’enrichit. Pareillement, le travail de transcription en formes et espaces de l’architecte n’est pas perçu comme une trahison, mais le prolongement tangible du but recherché par le Maître d’Ouvrage.

Ce faisant, la répartition conventionnelle des rôles disparaît. L’impact de la démarche se vérifie en premier lieu avec l’efficacité des solutions mises en œuvre. Davantage encore la pratique de la co-conception génère une expérience transformante des manières mêmes de penser, un changement d’attitude qui permet d’aller plus loin dans la qualité visible et ressentie des architectures ainsi créées. La confiance devient alors spontanée, l’implication naturelle, la considération attentive, l’écoute effective. Ce phénomène d’élargissement du champ de références des uns et des autres en fait, tous, des producteurs de culture. Ainsi l'intégration à ce cercle de conception des compétences des entreprises parait plus naturelle, voire indispensable car enrichissante.
En définitive, il n’est pas vain de parler d’œuvre collective. Cela ne signifie pas qu’il n’y a plus d’auteur, mais au contraire que chacun identifie son apport sans que cela minimise celui de ses partenaires. Ecriture à plusieurs mains reconnaissables et suffisamment attentives les unes les autres pour écrire ensemble une même histoire. La force de l’expérience est qu’elle dépasse en les unifiant confusion et séparation. C’est donc sous le signe de la relation qu’il faut comprendre la relation Architecte-Maître d’Ouvrage. Car s’il est entendu que l’architecture est bien l’art de vouloir, chercher et travailler un lien entre les corps, le groupe, un environnement, des formes, des techniques et des matériaux, un imaginaire, il est encore plus évident qu’elle est art des relations parce qu’elle est en elle-même et par elle-même le moyen d’expérimenter des rapprochements de toute nature. C’est ce que l’on appelle concevoir, et c’est l’esprit du co-design. Le projet d’architecture, c’est de concevoir.


inauguration des adicodes


Un témoignage reçu: 
"J’en profite pour te donner ma petite expérience et mon ressenti en tant que « nouvelle » par rapport aux différents espaces.
C’est une nouvelle manière de travailler pour moi et quelle richesse !
J’ai des collègues très sympas, ça aide mais travailler dans ces espaces m’amène à interagir davantage, à essayer de mieux comprendre les choses et surtout cela m’amène à vivre des situations « humaines » que je ne vivrais pas, cloisonnée dans mon petit bureau à l’abri de tout…

Près de 450 personnes étaient présentes pour assister à la cérémonie d'inauguration du bâtiment Urbawood que nous avons aménagé à Euratechnologies pour groupe HEI ISA ISEN, et qui abritent les ADICODE® (Ateliers de l'innovation et du codesign). Cet événement s'est déroulé en présence des partenaires institutionnels du projet: Daniel Percheron, Président du Conseil Régional Nord-Pas de Calais, Pierre de Saintignon, Président d' Euratechnologies, Pierre Giorgini, Président-Recteur de l'Université Catholique de Lille. Tous ont été invités à signer à l'aide de stylets interactifs, le document officiel de la future plaque d'inauguration diffusé par un vidéoprojecteur interactif. Ce document sera ensuite envoyé dans le FabLab situé dans les ADICODE® Vauban pour être gravé sur des plaques qui seront posées dans les espaces inaugurés. A l'issue de la cérémonie, le public à pu visiter les espaces et co-créer une fresque collaborative numérique.